Opposition (dé)constructiveLe traité simplifié est-t-il encore trop compliqué ?Un accord semble avoir été trouvé, lors du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement européens, autour du projet de traité simplifié, appelé de ses voeux par Nicolas Sarkozy. Ce texte, que je n'ai pas lu, semble s'être recentré sur les aspects institutionnels du précédent traité, évacuant ainsi la troisième partie, relative aux objectifs économiques de l'Union, qui fit tant débat en France. A première vue, le nouveau texte tente donc de répondre aux exigences fonctionnelles d'une Europe à 27. En tant que fervent européaniste, je ne peux que me réjouir de cette relance de la construction européenne, qui n'aura pas été bloquée si longtemps que cela, soit dit en passant. Il est en effet souhaitable d'améliorer le système actuel, afin de le rendre plus efficace, plus transparant et plus démocratique. Ce qui me choque néanmoins, c'est la façon dont notre président envisage de faire ratifier le traité en France. En effet, la solution envisagée est celle du recours au Congrès (Assemblée nationale et Sénat réunis), où une majorité des 3/5 est requise. Rappelons, si nécessaire, que le précédent texte a été refusé par un vote référendaire négatif... Dès lors, est-il légitime de soumettre cette nouvelle mouture à une procédure différente, contournant l'expression directe du peuple souverain ? Le traité simplifié est-il encore trop compliqué pour être compris par la population ? Deux explications sont données pour justifier la procédure du Congrès. La première, officielle, est que le texte s'est débarassé des éléments contestés par les tenants du non à la Constitution, et que, recentré sur le fonctionnement institutionnel, le texte n'a plus qu'un caractère technique, qui ne nécessite que le vote de techniciens... La seconde, officieuse, est que tous les pro-européens craignent, à raison, un autre échec... Ces explications ne me semblent satisfaisantes ni l'une ni l'autre. En effet, qui peut dire exactement les raisons du rejet du précédent traité ? S'il est sans doute vrai que la troisième partie est une des raisons principales du "non de gauche", le "non de droite", ou plutot le "non d'extrême droite", est fondé sur des bases très différentes. Dieu sait si je n'accorde pas un respect énorme pour ces gens, mais, néanmoins, leurs suffrages ne comptent pas moins que le mien, et, qui plus est, un tel contournement ne ferait que renforcer leur discours... D'autre part, si je partage la crainte d'un éventuel rejet, cela ne me semble pas justifier un tel déni de démocratie, ou plus simplement de respect des électeurs... L'Union européenne s'est largement construite à l'écart des citoyens, qui, des qu'on les a sollicité, se sont empressés d'exprimer leurs craintes vis-à-vis d'un système complexe qui leur échappe. Dès lors, il me semble qu'aucun progrès significatif ne pourra être fait sans obtenir l'adhésion de la population française et européenne à un projet ambitieux et fédérateur, que l'on aura pris soin de leur expliquer. Les discours emprunts de mépris ("faîtes nous confiance, nous, nous savons ce qui est bien pour vous";"dîtes oui où alors le chaos régnera") sont contre-productifs, et reflètent une vision bien altérée de la démocratie. Article ajouté le 2007-06-28 , consulté 48 fois CommentairesLiensAfficher une version imprimable de cet article Retour aux articles |
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